Secrétaire d’État des États-Unis

Le secrétaire d'État John KerryJohn Forbes Kerry, le 68e secrétaire d’État des États-Unis, prête serment le 1er février 2013. C’est la première fois depuis plus d’un siècle qu’un président en exercice de la commission sénatoriale des relations extérieures accède à cette fonction.

Il rejoint le département d’État après une carrière de 28 ans au Sénat, dont les quatre dernières en qualité de président de la commission des relations extérieures.

John Kerry naît le 11 décembre 1943 à l’hôpital militaire Fitzsimmons d’Aurora, dans le Colorado, l’un des quatre enfants de Rosemary Forbes Kerry et de Richard Kerry, lui-même diplomate.

Peu de temps avant de sortir diplômé de l’université Yale, John Kerry s’engage dans la marine où il effectue deux périodes de service militaire. Pendant la guerre du Vietnam, il commande un patrouilleur dans le delta du Mékong et se voit décerner de nombreuses décorations : une Silver Star, une Bronze Star avec la distinction « Combat V », et trois Purple Hearts.

De retour aux États-Unis, John Kerry dénonce farouchement la guerre du Vietnam. William Fulbright, qui préside à l’époque la commission sénatoriale des relations extérieures, l’invite à comparaître. Dans sa déposition, il pose une question percutante : « Comment demander à un homme d’être le dernier à mourir pour une erreur ? » John Kerry s’investit alors dans un combat au service des anciens soldats qui sera celui de toute une vie, d’abord en tant que co-fondateur de l’association Vietnam Veterans of America, puis en tant que sénateur. Il se bat pour l’octroi d’allocations aux veterans, l’élargissement de la G.I. Bill pour le financement des études supérieures des soldats rendus à la vie civile et une meilleure prise en charge du stress post-traumatique.

En 1976, John Kerry est diplômé de la faculté de droit du Boston College. Il intègre le cabinet du procureur dans le comté de Middlesex, au Massachusetts, où il se distingue en s’attaquant à la criminalité organisée, en se battant pour les droits des victimes et en créant des programmes de soutien psychosocial à l’intention des victimes de viol. Il est élu lieutenant-gouverneur du Massachusetts en 1982 et, deux ans plus tard, au Sénat des États-Unis. Il y siégera 28 ans.

En 2009, John Kerry assume la présidence de la commission sénatoriale des relations extérieures. À ce titre, il joue un rôle de premier plan dans les questions clés de politique étrangère et de sécurité nationale auxquelles font face les États-Unis, notamment au sujet de l’Afghanistan et du Pakistan, de la non-prolifération nucléaire et du changement climatique mondial. Il exerce son mandat avec le leadership qui l’a caractérisé par le passé, qu’il s’agisse d’agir pour lever le voile sur le scandale de l’affaire Iran-Contra ou pour lutter contre le sida dans le monde.

Président d’une commission spéciale du Sénat sur les affaires relatives aux prisonniers de guerre et militaires portés disparus, il déploie des efforts acharnés pour connaître la vérité sur le sort des soldats disparus au Vietnam et normaliser les relations avec Hanoï.

En 2010, en sa qualité de président de la commission des relations extérieures, John Kerry joue un rôle essentiel dans la ratification du nouveau traité START (Traité de réduction des armes stratégiques), un accord clé conclu avec la Russie qui aide les deux pays à éviter de dangereux affrontements nucléaires.

Durant ses 28 années passées à la commission des relations extérieures, il préside les sous-commissions sur l’Asie et sur le Moyen-Orient. À ce titre, il propose et fait adopter des lois importantes sur le trafic international de stupéfiants, le blanchiment international de capitaux, l’aide humanitaire et le changement climatique. Il contribue également aux négociations qui ont débouché sur la création du tribunal international de l’ONU chargé de poursuivre les crimes de guerre commis au Cambodge.

Il occupe en outre des postes de haut rang au sein des commissions des finances, du commerce et des petites entreprises et il fait partie de la commission bipartite mixte qui est créée pour négocier avec l’exécutif la manière de réduire le déficit et de renforcer l’économie du pays. À ce titre, il travaille dans un esprit de collaboration avec les députés et les sénateurs des deux partis. Lorsqu’il quitte le Sénat, seuls six sénateurs ont plus d’ancienneté que lui.

En 2004, John Kerry est le candidat investi par le parti démocrate pour se présenter à l’élection présidentielle.

Le secrétaire d’État est un auteur de livres à succès, dont A Call to Service : My Vision for a Better America et This Moment on Earth, un best-seller sur l’environnement corédigé avec son épouse, Teresa Heinz Kerry. Leur famille recomposée comprend deux filles, trois fils et trois petits-enfants.